Seminaire internationale

Communication et plateformes numériques

Post-Congrès AIERI 2019

Vendredi 12 juillet 2019

Université Carlos III Madrid – Puerta de Toledo Campus (Madrid centre ville)

Résumés dus: 4 mars 2019

 

Organisateurs :

  • Groupe de recherche sur la diversité audiovisuelle, Université Carlos III de Madrid (Espagne)
  • Laboratoire d’excellence Industries culturelles & création artistique – LabEx ICCA (France)
  • Section Economie politique de la communication de l’IAMCR

Durant les dernières décennies, les technologues numériques ont soulevé d’importants enjeux pour la culture et la communication. De nouvelles modalités de création, de production, de distribution, de promotion, d’accès et de participation ont transformé de nombreuses industries culturelles dont celle du livre, de la musique ou du cinéma. Ces transformations ont été porteuses à la fois de nouvelles opportunités mais aussi de défis pour les chaînes de valeur et les filières d’industries culturelles tant dans les pays dits du Nord que dans ceux dits du Sud.

Dans ce contexte, un nouveau type d’acteur a émergé et s’est imposé au cœur des marchés : les plateformes numériques de la culture et de la communication (vidéo, audio et autres agrégateurs). De puissantes plateformes numériques transnationales actives dans les biens et services culturels se déploient selon des logiques et avec des pratiques pouvant affecter la diversité culturelle tandis qu’elles suscitent l’attention à la fois des organisations internationales dont l’UNESCO et des autorités publiques nationales et locales.

La déclaration relative à la protection et à la promotion de la diversité culturelle à l’ère numérique (ULEPICC 2013) met en exergue le processus de ré-intermédiation favorisé par ces nouveaux agents, en articulation avec les conglomérats des anciens médias et pointe le manque de visibilité rencontrées par une partie de la production culturelle. Il est souligné dans ce document que ces intermédiaires au cœur de l’économie numérique devraient publier des informations sur leurs stratégies en particulier sur des questions sensibles telles que les alliances entre les grands groupes des industries de la culture et de communication, la promotion des contenus et les algorithmes secrets qui influent sur leur visibilité de ceux-ci. De même, la déclaration plaide pour la mise en place de portails et de moteurs de recherche capables de promouvoir les nouveaux créateurs et qui accorderaient une attention particulière au développement d’initiatives dans les pays en situation de crise économique ou dans les pays dans lesquels il est difficile d’accéder aux moyens de production ou aux capacités de distribution en direction des marchés internationaux.

Le degré élevé de concentration industrielle à l’échelle internationale, les stratégies d’évasion fiscale, l’analyse de grandes quantités de données sur les utilisateurs ou le contournement des aides nationales aux productions indépendantes constituent des aspects préoccupants de l’action des plateformes numériques transnationales. Face aux risques de remise en cause des dispositions réglementaires et financières mises en place pour soutenir l’offre des biens et services culturels, et alors que ce soutien suppose l’instauration de nouvelles politiques et mesures, les délégations gouvernementales et les entités de la société civile ont exprimé la nécessité d’examiner l’impact des technologies numériques et de promouvoir l’adaptation des politiques culturelles à l’ère numérique.

Nous attendons des contributions qui interrogent le fonctionnement des plateformes en ligne. Quelles sont les caractéristiques de la « plateformisation » par rapport aux autres formes d’organisation des industries de la culture et de la communication? Les plateformes numériques contribuent-elles à la diversité en ligne des expressions culturelles? Favorisent-elles un marché mondial de la culture et de la communication encore plus concentré? Comment les plateformes remettent-elles en cause les politiques publiques existantes, en particulier les politiques publiques relatives aux industries de la culture et de la communication ou, aussi, comment s’appuient-elles sur certaines de ces politiques pour s’affirmer?

Cette post-conférence de l’IAMCR 2019 a pour objectif de confronter les points de vue de chercheurs du monde entier travaillant sur les plateformes numériques de la culture et de la communication. Nous cherchons à identifier les principales caractéristiques des plateformes numériques, en interrogeant la manière dont ces nouveaux acteurs soit prolongent les tendances antérieures de long terme soit sont porteurs de tendances nouvelles. Parallèlement, nous souhaitons réfléchir à la conception et à la mise en œuvre de politiques publiques ayant pour but de réglementer le fonctionnement des plateformes numériques dans les domaines de l’information, de la communication et de la culture.

La post-conférence pourra accueillir des propositions sur les thématiques qui suivent (liste non limitative) abordées à partir d’une variété d’angles d’approche :

  • Les modalités de typologisation des plateformes numériques existantes.
  • Le rôle des plateformes numériques de la culture et de la communication dans le capitalisme contemporain et en particulier au sein des industries de la culture et de la communication (liens entre plateformes, concentration et financiarisation ; le rôle des plateformes culturelles en tant que produits joints au sein de l’offre des acteurs des industries des matériels électroniques, du commerce électronique, du Cloud Computing, des moteurs de recherche, des opérateurs de télécommunications ; le degré de concurrence ou d’oligopolisation généré par les plateformes, etc.)
  • Diversité culturelle et plateformes (diversité offerte, diversité consommée).
  • Les enjeux des plateformes pour la transnationalisation des contenus et des acteurs des industries culturelles.
  • Les industries culturelles et les plateformes numériques (édition, musique enregistrée, cinéma, télévision, radio, jeux vidéo).
  • Les plateformes de streaming audiovisuel.
  • Les plateformes numériques petites ou moyennes.
  • Les plateformes numériques globales (telles que Netflix, Spotify, Amazon Prime, Deezer, etc.)
  • Les politiques publiques en direction des plateformes culturelles numériques (réglementation des catalogues, fiscalité, contribution obligatoire, etc.).
  • Les plateformes culturelles numériques et les détenteurs de droits de propriété intellectuelle.
  • Les plateformes numériques et le data mining.
  • La gouvernance des plateformes et le rôle des algorithmes dans cette gouvernance.
  • Les modalités de la visibilité des contenus au sein des plateformes.
  • La place des plateformes dans la chaîne de valeur des industries culturelles.
  • Les plateformes en ligne dans le commerce des biens et services culturels.
  • Les relations entre créateurs (musiciens, artistes, écrivains, cinéastes, reporters, producteurs de contenu et autres) et les grandes plateformes numériques (la question de la rémunération équitable des créateurs, par exemple).
  • Les plateformes de réseaux sociaux axées sur le contenu.
  • Réseaux sociaux et contenus générés par l’utilisateur.
  • Les nouveaux modèles d’affaire pour le commerce électronique et la diffusion de contenus en streaming.
  • Les plateformes numériques et le principe de la neutralité du Net.
  • Plateformes et censure.

Veuillez envoyer le titre et le résumé de 500 mots maximum, ainsi qu’une courte biographie (150 mots), ainsi qu’une sélection de références clés au plus tard le lundi 4 mars 2019.

Les résumés et demandes de renseignements doivent être envoyés à l’adresse électronique suivante:

 

Chronologie:

Appel à communication: novembre 2018
Résumés dus: 4 mars 2019

Notification des résumés acceptés: 1er avril 2019